Hugo Pauget Ballesteros
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Oscillateur harmonique...
Maintenant : le monde continu
Un super DM que vous allez adorer !*
La masse de cette petite section est $dm = \rho Sdx$
Le PFD appliqué à ce petit tronçon s'écrit : $$ \begin{aligned} dm\frac{\partial^{2}u(x,t)}{\partial t^{2}} & = \frac{\partial N}{\partial x}dx \\ \rho S\frac{\partial^{2}u(x,t)}{\partial t^{2}} & = \frac{\partial N}{\partial x}. \end{aligned} $$
Or, pour un matériau élastique homogène et isotrope, la mécanique des milieux continus nous dit que : $$ \frac{N}{S} = E\frac{\partial u(x,t)}{\partial x}. $$
En combinant ces deux équations, on tombe sur : $$\rho\frac{\partial^{2}u(x,t)}{\partial t^{2}} = E\frac{\partial^{2}u(x,t)}{\partial x^{2}}.$$
Nous retrouvons alors l'équation de d'Alembert :
$$\frac{\partial^{2}u(x,t)}{\partial t^{2}} - c_{L}^{2}\frac{\partial^{2}u(x,t)}{\partial x^{2}} = 0,$$
où \[c_{L} ≝ \sqrt{\frac{E}{\rho}}\] est la vitesse des ondes longitudinales.
C'est toujours la même chose :
En injectant dans l'équation de d'Alembert, on tombe sur l'équation suivante : $$\frac{c_{L}^{2}}{X(x)}\frac{\partial^{2}X(x)}{\partial x^{2}} = \frac{1}{\Phi(t)}\frac{\partial^{2}\Phi(t)}{\partial t^{2}}.$$
Or, le membre de gauche dépend uniquement de $x$ tandis que le membre de droite uniquement de $t$. Les deux membres étant égaux, ils doivent être tous deux indépendants à la fois de la position et du temps.
On peut donc écrire : $$\frac{c_{L}^{2}}{X(x)}\frac{\partial^{2}X(x)}{\partial x^{2}} = \frac{1}{\Phi(t)}\frac{\partial^{2}\Phi(t)}{\partial t^{2}} = \text{ cste }.$$
Intéressons-nous au cas où cette constante est négative et notons-la $\omega^{2}$ : $$\frac{c_{L}^{2}}{X(x)}\frac{\partial^{2}X(x)}{\partial x^{2}} = \frac{1}{\Phi(t)}\frac{\partial^{2}\Phi(t)}{\partial t^{2}} = - \omega^{2}$$
On se retrouve alors avec deux équations différentielles : $$ \begin{cases} \frac{\partial^{2}X(x)}{\partial x^{2}} + \frac{\omega^{2}}{c_{L}^{2}}X(x) = 0 \\ \\ \frac{\partial^{2}\Phi(t)}{\partial t^{2}} + \omega^{2}\Phi(t) = 0 \end{cases} $$
que l'on sait maintenant bien résoudre : $$\begin{cases} \begin{aligned} \Phi(t) & = A\cos(\omega t) + B\sin(\omega t) \\ X(x) & = C\cos(kx) + D\sin(kx),\quad k ≝ \frac{\omega}{c_{L}} \end{aligned} \end{cases}$$
Au final, on a trouvé des solutions du type $u(x,t) = X(x)\Phi(t)$ d'expression : $$u(x,t) = X(x)\Phi(t) = \left\lbrack A\cos(\omega t) + B\sin(\omega t) \right\rbrack\left\lbrack C\cos(kx) + D\sin(kx) \right\rbrack.$$ où les constantes $A,B,C,D\text{ et }\omega$ restent à déterminer en fonction des conditions initiales et des conditions aux limites.
En réalité, une barre n'est pas infinie.
En $x = 0$ et $x = L$ :
Nos deux conditions s'écrivent alors : $$ u(x = 0,t) = 0\quad\text{ et }\quad u(x = L,t) = 0,\quad\forall t \in {\mathbb{R}}.$$
En prenant en compte ces conditions dans l'expression de nos solutions, il vient que : $$C = 0\quad\text{ et }\quad\sin(kL) = 0.$$
Respecter la première condition implique la disparition du terme $C\cos(kx)$. La deuxième condition implique que \(k\) prenne des valeurs particulières : $$ k_{m} = \frac{m\pi}{L},\quad m \in {\mathbb{N}}^{\ast}.$$
Au final, seules certaines fonctions \(X(x)\) trouvées précédemment permettent de respecter les conditions aux limites. Il s'agit des : $$X_{m} = D_{m}\sin(k_{m}x).$$
Les modes propres sont donnés par : $X_{m}(x) = D_{m}\sin\left(m \pi \frac{x}{L}\right)$
Au final, nous avons une famille de solutions possibles de la forme :
où $k_{m}$ et $\omega_{m}$ ne peuvent prendre qu'un certain nombre de valeurs, et où les constantes $D_{m}$, $A_{m}$ et $B_{m}$ restent à déterminer.
On peut montrer que les fonctions \(X_{m}\) sont orthonormales sur l'intervalle \(\lbrack 0,L\rbrack\).
Ceci se traduit par la relation suivante : \[\int_{0}^{L}X_{m}(x)X_{n}(x)dx = \delta_{m,n}.\]
Considérons une combinaison linéaire des solutions trouvées (cas encastré-encastré) :
Supposons que nous ayons une fonction \(u_{0}(x)\) donnant la position initiale et une fonction \({\dot{u}}_{0}(x)\) donnant la vitesse initiale de n'importe quel point de notre barre. \[\begin{cases} \begin{aligned} u_{0}(x) &≝ u(x,0) = \sum_{m = 1}^{\infty}A_{m}X_{m}(x) \\ {\dot{u}}_{0}(x) &≝ \dot{u}(x,0) = \sum_{m = 1}^{\infty}\omega_{m}B_{m}X_{m}(x) \end{aligned} \end{cases}\] En multipliant ces deux équations par \(X_{m}(x)\), en intégrant de \(0\) à \(L\) puis en tenant compte de la relation d'orthogonalité, il vient : \[A_{m} = \int_{0}^{L}u_{0}(x)X_{m}(x)dx\quad\text{ et }\quad B_{m} = \frac{1}{\omega_{m}}\int_{0}^{L}{\dot{u}}_{0}(x)X_{m}(x)dx.\] En conclusion, nous avons trouvé une solution de l'équation de d'Alembert respectant les conditions aux limites et les conditions initiales.
Imaginons maintenant que notre système est soumis à une force extérieure \(f(x,t)\) (il s'agit en réalité d'une force par unité de masse pour que les dimensions marchent bien) :
Voyons s'il existe une solution de la forme : \[u(x,t) = \sum_{m = 1}^{+ \infty}X_{m}(x)q_{m}(t).\]
où les $q_m(t)$ sont appelées les coordonnées modales.
En injectant dans notre équation différentielle, nous obtenons : \[\sum_{m = 1}^{+ \infty}X_{m}(x)\frac{\partial^{2}q_{m}(t)}{\partial t^{2}} - c_{L}^{2}q_{m}(t)\frac{\partial^{2}X_{m}(x)}{\partial x^{2}} = f(x,t)\]
ou encore : \[\sum_{m = 1}^{+ \infty}\left\lbrack \frac{\partial^{2}q_{m}(t)}{\partial t^{2}} + \omega_{m}^{2}q_{m}(t) \right\rbrack X_{m}(x) = f(x,t)\]
En multipliant cette équation par \(X_{n}(x)\) et en intégrant de \(0\) à \(L\), nous obtenons : \[\frac{\partial^{2}q_{n}(t)}{\partial t^{2}} + \omega_{n}^{2}q_{n}(t) = \int_{0}^{L}f(x,t)X_{n}(x)dx\]
Il ne reste "plus qu'à" résoudre cette équation différentielle. Nous savons déjà que les solutions de cette équation s'écrivent comme la somme des solutions de l'équation homogène (correspondant au régime libre, ou régime transitoire en présence d'amortissement) et d'une solution particulière (correspondant au régime stationnaire). Afin de ne pas surcharger les calculs, et comme nous nous intéressons surtout au régime stationnaire, nous nous contenterons la plupart du temps de trouver une solution particulière.
Supposons que \(f\) est une fonction sinusoïdale, dépendant uniquement du temps : $f(x,t) = f_{0}\sin(\Omega t)$ .
Cherchons une solution de la forme : \[u(x,t) = \sum_{m = 1}^{+ \infty}X_{m}(x)q_{m}(t)\]
Nous trouvons la relation suivante : \[A_{n} = \frac{f_{0}\int_{0}^{L}X_{n}(x)dx}{\omega_{n}^{2} - \Omega^{2}}\]
Le déplacement s'écrit alors (en régime stationnaire) : \[u(x,t) = \sum_{n = 1}^{\infty}X_{n}(x)q_{n}(t) = f_{0}\sum_{n = 1}^{\infty}\frac{\int_{0}^{L}X_{n}(x)dx}{\omega_{n}^{2} - \Omega^{2}}X_{n}(x)\sin(\Omega t)\]
Contrairement à l'oscillateur simple (1 pic), la réponse en fréquence d'un milieu continu fait apparaître tous ses modes propres.